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© Richard CISZAK & Christophe COURREGES - Les Amis des Sciences de laTerre

Le département de l’Aveyron occupe en partie le sud du Massif Central français, un petit secteur d’une chaîne de montagnes édifiée à l’ère primaire entre -400 Ma et -300 Ma. Les roches appartenant à ce vieux relief, à présent fortement érodé, associent entre autres, les micaschistes et les gneiss du nord Aveyron (Carladez, Viadène) et de la vallée du Lot, avec l’extension du granite de la Margeride. Plus au sud, elles constituent le « cristallin  » de Rodez et du Ségala, qui regroupe le granite de Sanvensa-Villefranche de Rouergue, les fameux gneiss œillés de Trémouilles et du Pinet, les roches métamorphiques du Lévezou et du Vibal.

Ces formations cristallines anciennes sont le soubassement d’une couverture sédimentaire, cantonnée dans les Grands Causses de l’est aveyronnais, le petit causse de Villeneuve à l’ouest, et les « Petits Causses »  rouergats (causse Comtal et causse de Séverac) , qui occupent par ailleurs l’axe d’une unité géologique d’orientation est-ouest qu’il est convenu d’appeler « Détroit de Rodez », limitée au nord et au sud par des failles majeures, et à l’ouest par la faille de Villefranche-de-Rouergue. On y observe de bas en haut des dépôts d’origine continentale: les terrains houillers (bassins de Decazeville, de Gages-Bertholène, d’Espalion-Lassouts…), les terres rouges, pélites et grès fluviatiles permiens, les « Rougiers » et autres « Roucats » des bassins de Firmi-Marcillac, de Camarès-Saint Affrique. Les ensembles calcaires, marneux et dolomitiques des Causses, dépôts d’une mer jurassique présente entre -200 et -145 Ma, couronnent l’ensemble. A l’ère tertiaire, à partir de -60 Ma, sous la pression de la formation des Alpes et des Pyrénées, les failles rejouent, d’autres se forment, les rivières creusent leur lit. Les différentes terrasses du Tarn, les travertins de Creissel et du plateau de France expliquent les phases successives de l’enfoncement de ce cours d’eau. On trouve ça et là quelques vestiges de sédimentation de l’ère tertiaire comme les dépôts lacustres, sables et galets de réseaux paléo-hydrographiques (ancien Lot), ou ceux des Igues de Compolibat.

Emis à partir des fractures vers – 7,5 Ma, les épais basaltes de l’Aubrac qui culmine en Aveyron à une altitude proche de 1400 m, se présentent sous forme d’épaisses coulées au débit spectaculaire en colonnades ou orgues (Laguiole), de brèches volcaniques (Sarrans) et de scories. On remarque sur le territoire d’autres manifestations volcaniques comme les pointements de laves de Calmont d’Olt, le Puech de Vermus, les montagnes de Roquelaure, d’Eglazines et d’Azinières, qui sont autant de témoins de l’activité volcanique dynamique au Miocène supérieur (-8 à -6Ma). Enfin, les moraines et autres blocs erratiques de l’Aubrac, les tourbières, les stries d’origine glaciaire (lac des Picades), sont les marques des dernières glaciations, témoins de l’arrivée des premiers hommes préhistoriques dans la région.

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